{"id":3997,"date":"2021-02-28T21:08:07","date_gmt":"2021-02-28T20:08:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.choisirunmedecin.com\/blog\/?p=3997"},"modified":"2021-02-28T21:13:48","modified_gmt":"2021-02-28T20:13:48","slug":"impact-du-covid-sur-la-sante-mentale-des-enfants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.choisirunmedecin.com\/blog\/impact-du-covid-sur-la-sante-mentale-des-enfants\/","title":{"rendered":"Impact du COVID sur la sant\u00e9 mentale des enfants"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;effet du COVID-19 sur la sant\u00e9 mentale des adultes a \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9montr\u00e9. En revanche, peu d&rsquo;\u00e9tudes ont port\u00e9 sur celle des enfants.<\/p>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate anglaise sur la \u00ab\u00a0Sant\u00e9 mentale des enfants et des jeunes\u00a0\u00bb (MHCYP) constitue une ressource rare pour \u00e9valuer ce que la pand\u00e9mie a engendr\u00e9 chez les enfants. Elle b\u00e9n\u00e9ficie\u00a0d&rsquo;un \u00e9chantillon important et repr\u00e9sentatif. Elle poss\u00e8de des donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence avant la pand\u00e9mie pour effectuer une comparaison.<\/p>\n<p>Voici les implications cliniques et politiques des r\u00e9sultats initiaux d&rsquo;une \u00e9tude publi\u00e9e dans le <em>Lancet Psychiatry<\/em>, le 11 Janvier 2021.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude montre que l<strong>&lsquo;augmentation des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale, signal\u00e9s chez les adultes, touche \u00e9galement les 5-16 ans en Angleterre<\/strong>. L&rsquo;incidence est pass\u00e9e de 10,8 % en 2017 \u00e0 16,0% en Juillet 2020, tous \u00e2ges, sexes et groupes ethniques confondus.<\/p>\n<p>Comme en 2017, pendant la pand\u00e9mie, <strong>les jeunes femmes ont eu la plus forte pr\u00e9valence de troubles mentaux<\/strong> suspect\u00e9s (27,2 %). Elles devraient donc rester un groupe particuli\u00e8rement pris en consid\u00e9ration par les politiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Anxi\u00e9t\u00e9<\/h3>\n<p><u>Insomnie<\/u>: Plus d&rsquo;un quart des enfants (5-16 ans) et des jeunes (17-22 ans) ont d\u00e9clar\u00e9 pr\u00e9senter des <strong>troubles du sommeil<\/strong>.<\/p>\n<p><u>Isolement<\/u>: Un sur dix (5,4 % des enfants et 13,8 % des jeunes) s&rsquo;est souvent ou toujours senti seul.<\/p>\n<p>Ces deux probl\u00e8mes \u00e9taient plus fr\u00e9quents chez les sujets pr\u00e9sentant des troubles psychiques. Parmi eux, 18,0 % craignaient d&rsquo;\u00eatre contraints de quitter la maison \u00e0 cause de COVID-19.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>R\u00e9percussion de la d\u00e9tresse parentale<\/h3>\n<p><strong>Les enfants dont un parent \u00e9tait en souffrance psychologique \u00e9taient plus susceptibles de pr\u00e9senter des troubles mentaux<\/strong>. Cela est particuli\u00e8rement pr\u00e9occupant car ce sont les parents qui ont connu une la plus grande augmentation de d\u00e9tresse mentale pendant la pand\u00e9mie. Les adultes en \u00e2ge de travailler, sans jeunes enfants, semblaient plus \u00e9pargn\u00e9s. <u>Cela sugg\u00e8re que le soutien aux parents est essentiel pour la sant\u00e9 mentale des enfants.<\/u><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Paup\u00e9risation<\/h3>\n<p>L&rsquo;intervention des syst\u00e8mes de protection sociale, face aux d\u00e9fis socio-\u00e9conomiques auxquels furent confront\u00e9es les familles, se confirme comme essentielle. <strong>Les enfants psychologiquement destabilis\u00e9s vivent plus de deux fois plus souvent au sein de m\u00e9nages ayant pris du retard dans le paiement de leurs factures<\/strong>, loyer ou hypoth\u00e8que, que dans des familles solvables.<\/p>\n<p>Un enfant et un jeune sur dix a d\u00e9clar\u00e9 que, pendant la pand\u00e9mie, sa famille n&rsquo;avait pas assez \u00e0 manger ou d\u00e9pendait plus des banques alimentaires qu&rsquo;avant la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p><strong>Cette pr\u00e9carit\u00e9 a encore plus de r\u00e9percussions lorsque les \u00e9coles ferment.<\/strong> Ce qui aggrave les in\u00e9galit\u00e9s dans le domaines de l&rsquo;enseignement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Education<\/h3>\n<ul>\n<li>12% des enfants n&rsquo;avaient <u>pas d&rsquo;acc\u00e8s fiable \u00e0 l&rsquo;interne<\/u>t \u00e0 la maison.<\/li>\n<li>19 ,1 % n&rsquo;avaient <u>pas d&rsquo;espace calme pour travailler,<\/u><\/li>\n<li>26,9 % n&rsquo;avaient <u>pas de bureau pour \u00e9tudier. <\/u><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces donn\u00e9es socio-\u00e9conomiques fournissent des informations cruciales. Les \u00e9coles qui planifient l&rsquo;apprentissage \u00e0 domicile des \u00e9l\u00e8ves doivent les prendre en consid\u00e9rations. <strong>Elles soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 de maintenir les \u00e9coles ouvertes\u00a0<\/strong><strong>autant que possible.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Conclusions<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Des effets ind\u00e9niables<\/h5>\n<p><u>Nos conclusions r\u00e9v\u00e8lent un acc\u00e8s perturb\u00e9 aux soins de sant\u00e9.<\/u><\/p>\n<p>44,6 % des jeunes de 17 \u00e0 22 ans d\u00e9veloppant des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale ont d\u00e9clar\u00e9 renoncer \u00e0 rechercher une aide en raison de la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>Les cliniciens ont \u00e9galement exprim\u00e9 leur inqui\u00e9tude quant \u00e0 la rapidit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s aux consultations sp\u00e9cialis\u00e9es des jeunes. Enfin, ils ont observ\u00e9 une forte diminution des orientations des enfants et adolescents vers les services de sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>La crise sanitaire a induit <strong>un \u00e9loignement physique des adultes<\/strong> ext\u00e9rieurs \u00e0 la famille. Parmi eux, ceux susceptibles de veiller au bien-\u00eatre des jeunes et d&rsquo;intervenir. Pendant le confinement, 21,6% des enfants et 29,0% des jeunes ayant de probables probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale ont d\u00e9clar\u00e9 n&rsquo;avoir aucun adulte (\u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou au travail) vers qui se tourner.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la r\u00e9ouverture des \u00e9coles, 16,1 % des enfants qui auraient pu \u00eatre scolaris\u00e9s sont rest\u00e9s \u00e0 la maison pendant le dernier trimestre 2020.<\/p>\n<p>Les professeurs universitaires pr\u00e9voient que <strong>l&rsquo;accumulation des effets de confinement se traduira par une aggravation des in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Des r\u00e9sultats limit\u00e9s et contradictoires<\/h5>\n<p>L&rsquo;examen syst\u00e9matique des \u00e9tudes portant sur l&rsquo;effet de COVID-19 sur la sant\u00e9 mentale en a examin\u00e9 plus de 33 000. Seulement 19 b\u00e9n\u00e9ficiaient de protocoles suffisamment rigoureux pour mesurer les influences sur la sant\u00e9 mentale. Aucune n&rsquo;incluait les enfants.<\/p>\n<p>Les quelques enqu\u00eates men\u00e9es sur des enfants fournissent des r\u00e9sultats contradictoires. Ceux-ci pourraient \u00eatre li\u00e9s aux diff\u00e9rences d&rsquo;\u00e2ges, de profils et d&rsquo;origine des participants.<\/p>\n<h6>Impact de l&rsquo;\u00e2ge<\/h6>\n<p>Une petite \u00e9tude portant sur 168 enfants (\u00e2ge moyen de 10,1 an, pendant le confinement) dans l&rsquo;est de l&rsquo;Angleterre a constat\u00e9 une augmentation des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs.<\/p>\n<p>Une autre \u00e9tude porte sur environ 1 000 jeunes de 13 \u00e0 14 ans dans le sud-ouest de l&rsquo;Angleterre. Elle a constat\u00e9 peu de changements globaux en mati\u00e8re d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, de d\u00e9pression ou de bien-\u00eatre.<\/p>\n<h6>Recueil aupr\u00e8s des parents ou des enfants<\/h6>\n<p>Les parents ayant r\u00e9pondu \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate CoSPACE ont d\u00e9clar\u00e9 que la sant\u00e9 mentale des enfants s&rsquo;est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e au d\u00e9but du confinement. Les jeunes n&rsquo;ont cependant pas signal\u00e9 de d\u00e9t\u00e9rioration pendant cette m\u00eame p\u00e9riode. Les parents d&rsquo;enfants \u00e0 besoins \u00e9ducatifs sp\u00e9ciaux, porteurs de handicaps ou de troubles mentaux pr\u00e9existants ont signal\u00e9, eux, moins de difficult\u00e9s \u00e9motionnelles.<\/p>\n<h6>Un confinement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour beaucoup, b\u00e9n\u00e9fique pour d&rsquo;autres<\/h6>\n<p>Dans la MHCYP, 54,2 % des jeunes de 11 \u00e0 16 ans pr\u00e9sentant des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale probables ont d\u00e9clar\u00e9 que le confinement avait aggrav\u00e9 leur vie, mais 27,2 % ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il l&rsquo;avait am\u00e9lior\u00e9e.<\/p>\n<h6>L&rsquo;urgence de r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires<\/h6>\n<p>L&rsquo;enqu\u00eate 2020 du MHCYP b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un vaste \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif national et longitudinal couvrant l&rsquo;enfance, l&rsquo;adolescence et le jeune adulte. Elle utilise des mesures d\u00e9taill\u00e9es, valid\u00e9es et coh\u00e9rentes. Ces premiers r\u00e9sultats descriptifs comparent des \u00e9chantillons transversaux de jeunes de 5 \u00e0 16 ans, avant et pendant la pand\u00e9mie, analys\u00e9s rapidement afin de r\u00e9pondre au besoin urgent de comprendre la situation des enfants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Des pr\u00e9cisions \u00e0 venir<\/h5>\n<p>Ce travail est loin d&rsquo;\u00eatre termin\u00e9. Des collectes de donn\u00e9es suppl\u00e9mentaires et une s\u00e9rie d&rsquo;analyses longitudinales sont pr\u00e9vues. Elles viseront \u00e0 am\u00e9liorer la compr\u00e9hension des diff\u00e9rents effets de la pand\u00e9mie, et permettront d&rsquo;\u00e9clairer la politique, la mise en place et la pratique de r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>La mise en relation des r\u00e9ponses \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate avec les dossiers administratifs &#8211; tels que le National Pupil Dataset &#8211; est urgente pour am\u00e9liorer la compr\u00e9hension de l&rsquo;effet de la pand\u00e9mie sur la sant\u00e9 mentale des enfants, et sur leur acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation et aux services au fil du temps. Une \u00e9norme quantit\u00e9 de travail et un v\u00e9ritable engagement de la part des enfants et des jeunes ont sous-tendu l&rsquo;enqu\u00eate initiale et ce premier suivi. \u00a0Il existe donc un imp\u00e9ratif moral d&rsquo;en tirer le maximum d&rsquo;enseignements pour am\u00e9liorer la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre de la prochaine g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>R\u00e9f\u00e9rence<\/u>:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/lanpsy\/article\/PIIS2215-0366(20)30570-8\/fulltext\">Newlove-Delgado T, McManus S, Sadler K, Thandi S, Vizard T, Cartwright C, Ford T; <\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/lanpsy\/article\/PIIS2215-0366(20)30570-8\/fulltext\">Mental Health of Children and Young People group. Child mental health in England before and during the COVID-19 lockdown. <\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/lanpsy\/article\/PIIS2215-0366(20)30570-8\/fulltext\">Lancet Psychiatry. 2021 Jan 11:S2215-0366(20)30570-8. doi: 10.1016\/S2215-0366(20)30570-8. Epub ahead of print. PMID: 33444548.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;effet du COVID-19 sur la sant\u00e9 mentale des adultes a \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9montr\u00e9. En revanche, peu d&rsquo;\u00e9tudes ont port\u00e9 sur celle des enfants. 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