DEPRESSION: EVEN, bientôt porte parole des scientologues ?

Comparer un éminent professeur de médecine au disciple d’une secte. Lui qui parle des antidépresseurs avec tant de courage. Désolé pour ceux qui en seront heurtés.

Ce titre accrocheur justifierait même probablement une attaque pour diffamation.

Mais le blog de choisirunmedecin est si discret. Nul doute qu’il n’ira pas même chatouiller la victime présumée.

Malheureusement, il faut parfois se résoudre à utiliser les mêmes astuces publicitaires que celles du média étudié ! Prix à payer pour tenter d’être également (un peu) entendu.

Enfin, si une erreur est commise dans un texte, sa portée augmente avec le nombre des lecteurs. D’où la responsabilité de ceux qui ont les organes de presse qui leur font échos.

MONSANTO: La chasse aux sorcières est-elle plus acceptable si la sorcière est vilaine ?

 

En épousant Monsanto « le damné »,  Bayer adopta inévitablement sa maudite progéniture, Roundup. Déjà haïe par le plus grand nombre, elle aggrava son cas.

Jadis, des jurés populaires condamnaient au bucher de supposées sorcières. Parmi les innocentes victimes, il est probable que certaines nous auraient parues plus sympathiques/ plus effrayantes que d’autres. Peut-être même cette inquisition a-t’elle mené à l’extermination (inopinée) de « mauvaises personnes » (NDLR: le lecteur est libre de mettre les critères qui lui paraissent pertinents derrière cette qualification imprécise)…

Pour autant, le verdict issu de la croyance populaire se révèle-t’il juste ? Un jugement erratique devient-il valable dès lors qu’il peut parfois mener à l’échaffaud de viles personnes, mal-intentionnées, voire même toxiques ? L’innocence d’un accusé pour des faits qui lui sont reprochés devient-elle négligeable dès lors qu’il est de notoriété publique qu’il n’est pas un être vertueux, par ailleurs ?

La Mélatonine serait dangereuse… Méfions-nous plutôt du « gloubi-boulga » pseudo-scientifique…

L’A.N.S.E.S recommande à certaines populations d’éviter la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine. Une gélule de mélatonine est un « complément alimentaire » quand elle contient moins de 2 mg de principe actif. Elle est considéré comme un médicament pour toute posologie supérieure.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail  tire donc la sonnette d’alarme. L’Agence du Médicament semblait plutôt rassurer les patients sur l’innocuité de la mélatonine sur les troubles du sommeil.

Les compléments alimentaires seraient-ils mieux surveillés que les médicaments, eux-même ?  Cette situation paradoxale illustrerait-elle, au contraire, une faiblesse dans les fondements scientifiques d’évaluation des compléments alimentaires par l’A.N.S.E.S ?

Traiter la dépression par nicotine ?

Considérée comme psycho-stimulante, décrite par les usagers comme anxiolytique, supposément dotée d’une vertu antipsychotique, la tant décriée nicotine s’avère être une substance aux effets psycho-actifs multiples.

Les propriétés thérapeutiques de la nicotine tardent pourtant à être exploitées, en dehors du traitement de l’addiction au tabac. Même cette stratégie éprouvée reste pourtant sous-exploitée. En France, après des décennies d’incohérence, les substituts nicotiniques vont enfin être intégralement remboursés par l’assurance maladie… mieux vaut tard que jamais.

Plus de 3000 avis sur Choisirunmedecin : un bilan… !

Le digital offre de nouvelles possibilités pour exploiter des domaines jusque là préservés par des Instances juridiques et éthiques dont la santé fait partie. Les plateformes de notations des médecins, aussi controversées soient-elles, permettent tous les jours aux usagers de choisir librement un praticien en tenant compte du bouche-à-oreille numérique. D’un point de vue “pratique”, ces annuaires participatifs ne sont cependant efficaces que si de nombreux usagers jouent le jeu du témoignage argumenté, autour des critères d’évaluation proposés. La quantité des avis permet en effet d’améliorer la représentativité de la notation et d’éviter le biais de “fausses réputations”. Avec plus de 3000 avis, huit disciplines “représentatives” (entre 100 et 450 avis chacune), trois catégories comptabilisant plus de 50 avis, Choisirunmedecin.com propose d’établir son bilan et des conclusions pour la suite…

PLACEBO: arnaque ancestrale ou révolution thérapeutique ?

Combien de fois vous êtes-vous répété que : « c’est peut-être du placebo, mais sur moi ça marche ! », voire « en tout cas, si ça fait pas de bien, ça fait pas de mal », ou encore (comme tout parent, face aux bobos sans gravité du quotidien)  « il est indéniable que chez les enfants, l’effet est immédiat… » ?

Alors que ces déclarations désolent les adeptes du rationalisme scientifique, il semblerait qu’elles soient en  passe de se révéler comme des réalités médicales, inattendues mais prometteuses. Les paradigmes du placebo seraient-ils entrain de changer ?  Vive la « psychosomatique » décomplexée !

Le lithium : nouvelle piste anti-cancer ou simple biais de confusion ?

 

Malgré d’indéniables progrès, la médecine reste dans l’impossibilité d’expliquer avec précision les mécanismes d’action qui sous-tendent certains de ses traitements. Nombreux sont pourtant reconnus comme efficaces. Par ailleurs, bien des maux demeurent le champs d’investigations à la recherche de leur talon d’Achille. Les études alors menées réservent parfois des dénouements inattendus, des conclusions imprévues, des scenarii inespérés. Il faut donc persister à procéder par tâtonnements. De s’inspirer d’observations empiriques, voire des intuitions d’experts. L’imagination demeure ainsi autorisée par la science. Elle doit cependant rester soumise à l’implacable verdict d’une confirmation par l’expérimentation.

Les découvertes fortuites de stratégies médicamenteuses ont  permis de révolutionner les moyens de lutte contre les maladies. Il y a 1 siècle Fleming découvrait accidentellement la pénicilline. Des scientifiques s’interrogent aujourd’hui sur le possible effet anti-cancer d’un régulateur d’humeur.

Un récent article du British Journal of Psychiatry nous livre les raisons de cet engouement inattendu. Voici la traduction du résumé, tel qu’accessible dans la banque de données PubMed.

Résumé

Abstract de l'étude

Déclaration d'intérêt: Aucun. 

Contexte: Le lithium inhibe la glycogène synthase kinase-3, qui est une enzyme impliquée dans la pathogenèse du cancer. 

Objectif: Enquêter sur l'association entre le lithium et le risque de cancer chez les patients atteints de trouble bipolaire. 

Méthode: Une étude de cohorte rétrospective a été conçue à l'aide de la base de données nationale pour la recherche de l'assurance maladie (NHIRD) à Taiwan. Les patients utilisant du lithium étaient indexés selon la dose absorbée et les patients utilisant d'autres anticonvulsivants faisaient office de groupe témoin. Une régression statistique, fonction du temps, a été utilisée pour évaluer le risque relatif (RR) de développer un cancer. 

Résultats: Par rapport à l'exposition aux anticonvulsivants, l'exposition au lithium a été associée à un risque de cancer nettement inférieur (RR = 0,735, IC 95%: 0,554-0,974). Les risques respectifs pour le premier, le deuxième et le troisième tiers des groupes constitués selon les doses quotidiennes cumulées ont été de 0,762 (IC 95%: 0,516-1,125), 0,919 (IC 95%: 0,640-1,318) et 0,552 (IC 95%: 0,367-0,831). 

Conclusions: Le lithium semble associé à une réduction du risque global de cancer chez les patients atteints de trouble bipolaire. Une relation dose-dépendante pour la réduction du risque de cancer a été observée. 

© Le Collège royal des psychiatres 2016.

 

Cette séduisante étude est publiée par une revue internationale de grande notoriété. Néanmoins, des voix s’élèvent pour mettre en exergue les limites de cette apparente découverte. Une fois de plus, l’intérêt de conclusions tirées hâtivement est remis en question.

Evaluer la validité d’un traitement

Mais comment donc s’assurer qu’un traitement est valable !?

 

Facile, répondront certains: il suffit d’essayer le traitement en question. D’avoir expérimenté soi-même son effet, et/ou de recueillir le témoignage d’aïeux, proches, amis, confrères … jusqu’à la voisine de pallier.

D’autres, plus prudents, expliqueront s’informer régulièrement via des médias santé, des bouquins faisant référence aux principes ancestraux  de la médecine traditionnelle, ou simplement suivre scrupuleusement les conseils prodigués par leurs prescripteurs. Le statut de « sachants » imposent aux thérapeutes d’être les garants de « leurs » médicaments, potions, cataplasmes ou de quelconque autre intervention supposée salvatrice.

« Le pharmacien me l’a vendu », « mon médecin me l’a prescrit », « mon ostéopathe me le recommande », « le site « Santé au naturel » y a consacré un article »…

Accorder sa confiance aux personnes qui font figures d’autorité parait légitime. Est-ce pourtant suffisant ?

Il existe des critères fondamentaux à l’évaluation de toute intervention thérapeutique. Etre au clair avec chacun d’eux peut permettre d’aiguiser son sens critique sur un sujet dont dépend notre santé.

 

Père Noël: la grande (dés)illusion ?

Attention : Cet article contient des informations sensibles. L’existence du Père Noël y est reconsidérée. Ecartez les enfants !

 

Les parents, eux, sont invités à ré-examiner le fondement éthique d’une mystification ancestrale. Celle-ci prête vie à un généreux vieillard barbu, tout de rouge vêtu. Un article publié dans la revue Lancet Psychiatry s’attaque à la traditionnelle supercherie. Deux psychologues se sont ainsi interrogés sur l’aspect moral qui sous-tend la magique tradition de Noël. Ils notent que les enfants sont plongés d’autorité dans un univers féérique, mais irrationnel. Des animaux de trait y volent dans le ciel. Un homme obèse passe par les conduits de cheminées. Des nains se soumettent à un rythme de travail stakhanoviste avec joie et bonne humeur…

Une réalité plus sombre, est suggérée par les auteurs. Mentir aux enfants pourrait émousser la confiance qu’ils portent à leurs parents. Ils seraient alors exposé à une « abjecte déception » dès qu’ils découvriraient que la magie n’est pas réelle.